Comme certains le savent sans doute, je suis pour le retour du Québec sous souveraineté française.
Le Québec fut une province de l'immense colonie française de Nouvelle France, qui s'étalait de l'embouchure su Saint Laurent à la Nouvelle Orléans, en passant par les Grands Lacs, les vallées de l'Ohio et du Mississipi.
Hélas, Louis XV dut céder l'ensemble de la Nouvelle-France aux britanniques après la défaite de la France durant la Guerre de Sept Ans.
Les anglais ont alors cherché à imposer leur culture aux français d'Amérique. Des populations furent déportées... Le faible peuplement de la Nouvelle France a permis l'aboutissement de cette politique, sauf en quelques endroits plus peuplés, comme en Acadie, en Louisiane et au Québec. Cette oppression continue encore de nos jours : Le Canada ponctionne injustement le Québec, la culture française et priée de laisser place aux anglo-saxons !
Mais quel est le point du vue des québécois ? Voici un extrait d'article du journal québécois Agora :
Allons, enfants de la patrie...
Hier soir, veille du 14 juillet, j'ai eu la curiosité de poser la question à quelques amis réunis. La France ? ha... ha... ha ! Un canular ! Et quand on repose la question sérieusement, c'est non. Non, parce que les Français sont comme ci..., et qu'ils sont comme ça... et qu'ils parlent une langue qui n'est pas tout à fait la nôtre... Bon. Affaire classée ? Minute ! Après deux verres de vin rouge, ce n'est plus "la France, non", c'est devenu "la France, si...". Puis, quand on va au fond des choses et de la bouteille - "in vino veritas" - on s'aperçoit que "tout le monde" au Quebec ou presque voudrait être Français. Tiens donc !
Et pas seulement les intellos nostalgiques qui sirotent un pastis, ne mangent que du pain baguette et feignent de s'intéresser au Tour de France. Oh non ! On en arrive au même résultat avec le chauffeur de taxi, les col-blanc, les col-bleu et toute la gamme des cols-roulés... On y arrive même plus vite avec eux - et le verre de vin en moins - car la vérité vient plus naturellement aux gens simples. "La France ? Oui, si... "
L'encadrement le plus porteur pour l'avenir du Québec, c'est la France et, derrière la France, l'Europe. Un Québec qui serait la troisième région économique de France - après Paris et Rhône-Alpes - n'aurait à rougir de rien. Bastion avancé en Amérique du Nord d'une Europe dynamique, nous verrions les entreprises non seulement françaises mais allemandes, hollandaises, etc., s'établir chez nous pour y préparer la conquête du marché des USA. Pas seulement pour des raisons de proximité et de logistique, mais aussi et surtout parce que nous connaissons à fond la langue, les lois, les coutumes de ce marché USA. Être des Français (Européens) en Amérique serait infiniment plus profitable pour les Québécois que d'être les partenaires juniors de l'ALENA.
Et la culture ? Alors, là, c'est la voie royale ! Le problème culturel fondamental pour l'avenir du Québec francophone n'est-il pas son incapacité à assimiler la masse des immigrants qui viennent ici se substituer à une relève que notre faible taux de natalité ne produit pas ? C'est ce problème qui rejoint et amplifie celui d'une minorité irrédentiste au Québec qui choisit de ne "pas" être de culture francophone. Or le problème de l'assimilation serait totalement réglé si le Québec était la France.
D'abord, un immigrant qui arrive en France (au Québec) ne pense pas à autre chose qu'à devenir Français : si c'est l'Amérique-USA qu'il veut, il ne tardera pas passer la frontière de nuit et l'on n'en entendra plus parler ! Ensuite, la question du bilinguisme ne se posera même pas. On pourra toujours, dans un beau geste de générosité, maintenir des services en anglais pendant quelques années ; mais ce sera une période de grâce et il n'y aura pas de malentendus à ce sujet.
Enfin, notre propre assimilation à la France d'Europe dans le respect de notre spécificité sera facilitée par un phénomène de migration interne Québec-Hexagone qui prendra une ampleur considérable, à la mesure des mythes dont les deux populations actuelles s'affublent. Des dizaines de milliers de Parisiens viendront chercher leur "cabane au Canada"... alors qu'un nombre sans doute similaire de francophiles inconditionnels chez nous se hâteront d'aller là-bas réaliser leurs fantasmes culturels.
Ce brassage de population sera bénéfique pour tout le monde. Même les "accents" qui nous séparent tendront à converger. Avec un peu de chance, Antenne 2 se rapprochera du français international de Bernard Derome et Lucien Bouchard s'exprimera un peu plus comme Giscard d'Estaing. Pasqua et Jean Chrétien ne changeront sans doute pas de langage, mais une langue sûre d'elle-même peut bien tolérer un peu de folklore.
Evidemment, notre économie collée sur les USA aurait des ajustements à faire, mais on serait tellement mieux... ! Une bonne campagne médiatique - on pourrait l'appeler "Opération Roussillon"- et je serais curieux de voir les sondages sur une souveraineté-association... avec la France.
Allons ! Défions toutes les Bastilles ! Québécois, pensez "France" et passez un joyeux 14 juillet... et sans rancune pour ce pavé dans la mare des options "oui" et "non" qui stagnent depuis quarante ans au Québec.